vendredi 9 décembre 2011

MARJORIE EST DÉCÉDÉE. PAR SUICIDE.

Marjorie est décédée. Par suicide. Par manque d'espace pour vivre, l'intimidation dans l'école lui ayant enlevé son droit de « cité ».

L'école est en troisième place des milieux les plus violents de la société. Il y a la prison, la mafia puis vient l'école. Et l'école ressemble aux deux premières à bien des égards.

Dans la prison, il y a une loi, celle des autorités pénitentiaires qui est explicite, puis une seconde, à ras de confrérie, qui rassemble sous son égide tous les prisonniers. La seconde loi, celle des gardés, s'oppose à la première par principe, par état de situation et réussit assez souvent à gagner du prestige aux dépens de la première. Les gardiens de prison sont pris entre deux feux et leur survie leur vient de leur capacité de négocier avec deux visages, l'un pour l'administration, l'autre pour les leaders des prisonniers. Ils y réussissent, mais pas toujours. Ils sont la viande dans la sandwich.

Ainsi dans l'école. Il y a une loi, celle imposée par un certain nombre d'adultes et il y a celle des élèves, les gardés. La seconde, au fur et à mesure de la montée des hormones dans ces petiots grandissants, gagne en effervescence sur la première et s'établit dans le lieu dit. Tous les arguments sont utilisés par les élèves : résistance passive, bousculade, gossage quotidien, mots qui tuent l'enseignant ou le directeur, appel à la protection des parents, mépris public de l'adulte en autorité, mouvement collectif, agression des pairs, dérive menaçante par Facebook, taxage des confrères ou consoeurs sans armure, tentative de mise à feu d'une fille pour une histoire de pizza avant hier, etc. Une jungle non-civile dont les gardiens se disent assez souvent éberlués. Une jungle où les caids définissent souvent la loi.

Dans la mafia, voici une communauté qui a ses propres lois dont la suprême, «l' omerta », enveloppe toutes les autres et qui soude les membres du troupeau beaucoup mieux que le sang ne le ferait en y mêlant l'honneur et la crainte de la mort. C'est un groupe étanche dont on devient membre par des rituels de patte blanche pour les parrains tout-puissants et, sous commande explicite, de patte noire à l'égard des autres de la « cité » ou de troupeaux adverses. La caractéristique qui nous intéresse ici est celle qui fait que ces lois des mafias et les sanctions de justice qui y règnent appartiennent en propre à ces communautés. Autorité législative et pouvoir judiciaire sont amalgamés et sans rapport avec ceux de la « cité », l'initiation visant précisément le rejet de cette « cité ». Un vase clos.

Ainsi va l'école à certains égards. Les lois et le système de justice sont propres à l'école, amalgamés dans les mains d'une autorité, celle du corps enseignant et du dirigeant-e - et n'ont pratiquement pas de rapports avec ceux de la « cité ». Un vase clos.

Dans un autrefois qui trahit mon âge, les lois de l'école étaient établies en liens avec ceux de la société de privilèges et de droit dans laquelle j'étais destiné à vivre ma vie adulte. Certes, l'autorité était concentrée, super concentrée pourrions-nous dire puisqu'elle régnait en tous lieux de la « cité » et que la solidarité parents-école était sans faille, sans fausse note, unanime et ferme. L'enseignante régnait, la directrice était supérieure. Pas de mépris apparent, pas de tutoiement! Une unanimité régnait sur les enfants de l'école qui y grandissait aussi avec des hormones semblables probablement à celles d'aujourd'hui. Soumis.

Et cela n'a pas duré. Le bébé a été lessivé avec l'eau du bain. Et les fibres du tissu social se sont disjointes, détissés.

Aujourd'hui, je veux dire aussi hier soir, dans mon journal et à la tévé radio-canadienne, les politichiens comme ceux du PQ parlent d'enlever aux jeunes utilisateurs abusifs l'usage de leur compte Facebook; les psycho-éducateurs qui vivent au ras des pâquerets et pâquerettes parlent de leur ébahissement devant tant de violence physique, verbale, psychologique, relationnelle; les psy parlent des victimes à vie et des agresseurs comme des victimes aussi; les chercheurs parlent des hormones naturelles et des débordements à éduquer; les humoristes, gênés quelque peu de leur émotions, écrivent que les agresseurs sont des''losers''; les administrateurs questionnés parlent d'examiner soigneusement la situation et promettent de prendre des mesures appropriées; la ministre a des « semble que » à la bouche et se désole que les millions consacrés n'aient pas éradiqué les mauvaises herbes. Les citoyens, devant le fait de Marjorie et tant de paroles lancées à tout vent, sont interloqués mais pas encore assez retissés pour se mobiliser.

Pour ma part, j'étais estomaqué de n'entendre aucune référence au mot crime ou au mot droit chez tous ces 'jaseux'. Et on n'avait invité aucun juriste ou représentant de cette sorte aux groupe des commentateurs.

Une position simple, qu'on traitera de droite si l'on veut, est la mienne.

Je crois que la société de droit doit prévaloir en tous lieux de ma « cité ». Lorsqu'un crime est un crime dans ma société de droit, c'est aussi un crime dans la mafia, dans la prison ou dans l'école. Et dans ma société de droit, menacer l'intégrité physique ou la violer, menacer l'intégrité psychique personnelle ou la violer, menacer la réputation personnelle ou la violer constituent les crimes les plus graves et sont appelés tels : des crimes, des crimes contre les personnes. Et, dans l'intelligence traditionnelle de ma « cité », ces menaces doivent être réprimées sans quoi la vie en société n'est pas possible. C'est assez simple et, par toutatis, merci!

Dans la famille et de toutes façons dans « mon école » si cela n'est pas dans la famille, les enfants sont éduqués en fonction de cette société de droit dans laquelle ils vivront leur vie adulte. « Dans mon école », on accorde la priorité, avant tout autre apprentissage ou élément de programme. à apprendre à vivre sereinement avec soi-même et avec les autres. On appelle, éventuellement, crime ce qui est un crime dans la société de droit. Certes, on explicite les motifs qui ont amené une société évoluée comme la nôtre (!) à nommer crimes les gestes qui nous empêcheraient de vivre ensemble en paix. Par l'éducation, les enfants sont amenés à intégrer les valeurs fondamentales de ma « cité ». Et si les critères de jugement du ministère de l'éducation ou de quelques politiciens sur la ''performance'' de « mon école » oublient cette dimension, je deviens résistant à tous crins quitte à être seul dans mon « village gaulois »!

Pour être plus explicite, le système législatif et judiciaire de la société de droit sont introduits assez tôt dans « mon école ». Dès la maternelle ou la pré-maternelle, les conflits interpersonnels sont toujours objets de partage en groupe et entre les individus en cause. Les liens rompus par les agressions sont traités en vue d'une réparation et du rétablissement de la confiance et du respect mutuel entre les membres et l'ensemble du groupe. Peu à peu, les enfants selon le développement de leurs hormones et autres facultés, sont appelés à reconstruire la société démocratique de droit et participent à l'élaboration des règles de vie commune qui s'en inspirent et à un système de justice qui fait une large place à la réparation des liens malmenés ou rompus entre un offenseur, sa victime et la communauté. Une véritable démocratie, fondée sur une société de droit s'installe peu à peu dans la vie des enfants grandissants et, en secondaire 5, elles et ils sont devenus pratiquement des adultes aptes à fonctionner dans la « cité ». L'autorité sur ces sujets, on le voit, est graduellement transmise et d'enfants qu'ils étaient, ces êtres assument de plus en plus leur fonction de « citoyennes-citoyens ». Autorité intégrée se nomme autonomie ici et j'appelle cela liberté. Dans « mon école », être pleinement citoyenne-citoyen est plus important qu'être consommateur averti ou travailleur compétent ou …

Vivement que la société de droit entre dans l'école!

Ceci dit pour contribuer au développement des enfants de ma race!
 ce 2 décembre 2011

L'INTIMIDATION EN MILIEU SCOLAIRE- RÉACTION À LA POSITION DE LA SOCIÉTÉ DE CRIMINOLOGIE

Je suis ahuri par cet article de la Société de criminologie du Québec qui porte en titre : POUR ÉVITER DE TRANSFORMER LES ÉLÈVES EN CIBLES.  La trousse BRISE LE SILENCE qu'elle a préparée et qui s'adresse aux victimes et aux témoins m'apparaît irrecevable. C'est comme si l'on demandait à un quadraplégique de marcher ou à un mafioso de parler. J'aime à imaginer que la criminologie comprend que l'intimidé est l'enfant réduit au silence et que sa parole est plutôt rarissime. Sans quoi, il ne serait pas « intimidé ». J'ajoute : on a vu dans le passé des publicités dans les journaux pour inciter les analphabètes à s'inscrire à des cours d'alphabétisation; on a vu aussi  dans le passé des publicités pour inciter les enfants victimes d'inceste ou d'abus sexuel à dénoncer leur agresseur. Dans ces deux cas, il est apparu évident que les victimes sont davantage marginalisées, voire culpabilisées par ces actions mal ciblées. Je place l'article actuel publié dans le devoir du 10 décembre et la trousse BRISE LE SILENCE de la Société de Criminologie du Québec dans le même lot. Ils transforment davantage les élèves fragiles en cibles malgré sont titre « pieux ».

Je suis aussi ahuri car en aucun endroit cet article n'évoque le mot crime pour parler d'intimidation. Si la criminologie ne le fait pas, qui le fera? Les enfants doivent apprendre absolument que dans la société adulte - celle démocratique et dite de droit dans laquelle ils vivent comme enfants et vivront comme adultes - la menace à l'intégrité physique ou psychologique est considérée comme le pire crime qui soit, un crime contre la personne. On doit faire comprendre aux enfants et adolescents qu'il n'y aurait pas de société sans que la sécurité des citoyens soit assurée. C'est une notion fondamentale. La Société de criminologie, si elle veut s'impliquer adéquatement  doit faire la  promotion d'une école qui s'inscrit  dans une société démocratique, une société de droit!

Je suis ahuri car c'est une intervention pour demander que soit ajouté des ressources professionnelles, comme des criminologues, dans les écoles et que, pratiquement, il n'y a aucune interpellation des adultes de l'école avant la dixième ligne de la fin de l'article. Ahurissant! Les premiers qui dans l'école doivent briser le silence, ce sont les adultes qui y sont. S'il y en a parmi eux qui n'ont pas vu que, dans l'école, la violence et l'intimidation a cours, ils doivent être considérés comme des complices aveugles. S'il y en a d'autres qui ont vu et ne sont pas intervenus pour assurer la sécurité des intimidés, ils doivent se considérer comme des complices de la violence et modifier drastiquement leurs attitudes. L'école est un lieu de violence brute, je veux dire que la violence est à son état naturel au départ, car les enfants ne sont pas encore complètement civilisés quand ils y viennent.  Ils y viennent justement pour apprendre la culture civilisée de notre société. L'école est le lieu où les enfants rencontrent des adultes et sont accompagnés par ceux-ci pour devenir eux-mêmes des adultes civilisés. Tout plan ou programme scolaire visant la diminution de l'intimidation et de la violence passe en premier lieu par les adultes qui y sont. Ils doivent porter le message de la société démocratique et de la société de droit.

Je suis ahuri car il n'y a aucun geste éducatif de proposer dans cet article qui se veut une suite quelque peu pompeuse de conseils pour l'école. Pour celles et ceux qui réfléchissent un peu plus loin en termes criminologique de « justice réparatrice » ou d'éducation tout simplement, je me permets de rappeler que l'éducation dans ce domaine de l'intimidation passe par la "réparation" des gestes de violence posées par les enfants ou adolescents.  L'offenseur doit être appelé à réparer le geste d'intimidation qu'il a posé tant auprès de sa victime qu'auprès de l'ensemble du groupe, particulièrement le groupe qui en a été témoin. Ici, on doit comprendre et faire comprendre aux enfants et aux adolescents qu'un geste de violence blesse la victime et toute la communauté, car les liens de confiance nécessaires pour vivre ensemble ont été rompus. Ces liens doivent être restaurés et cette voie de réparation est d'autant plus évidente qu'il s'agit d'une école, un  lieu fait pour l'apprentissage.  La proposition que fait la Société de criminologie d'inciter les témoins de violence à marginaliser l'agresseur pour l'empêcher de récidiver est d'une grande pauvreté. Comme je trouve d'une grande pauvreté celles et ceux qui souhaitent qu'on n'oublie pas de traiter les agresseurs. Pour ma part, je demande simplement et prioritairement qu'on fasse de l'éducation avant de passer à la thérapie. Et éducation veut dire ici « réparation » d'erreurs, comme si souvent d'ailleurs. Et, à bien y penser, la plupart du temps en éducation.

Enfin, la prévention du taxage et de l'intimidation proposée par l'article de la Société de criminologie est une proposition qui sème la confusion. On utilise ce terme  populaire de prévention, en médecine ou en gestion sociale, mais il est particulièrement inadéquat pour parler de la violence qui a cours dans l'école. L'école est un milieu naturellement violent conçu pour civiliser les enfants. Cela ne se prévient pas. Les errements qui se manifestent dans l'école sont des opportunités d'éducation. Les enseignants doivent assumer cette responsabilité éducative au premier chef. 

Je suis déçu de cet article de  la Société de criminologie et j'ai la conviction qu'il ne reflète pas l'opinion de la majorité des professionnels qu'elle regroupe.

le 9 décembre 2011

jeudi 3 novembre 2011

DEVOIR DU 3 NOV 2011- RAYMOND GRAVEL OU LE JUGEMENT PERTURBÉ

    • Adresse préalable à Raymond Gravel: par solidarité, je vous souhaite un bon anniversaire.
      Votre texte du Devoir manifeste beaucoup de confusion. Je vous souhaite la paix avec vous même.



      À l'age de 12 ans, Raymond Gravel reçoit une tentative de tripotage d'un religieux éducateur dont il retire la main de ses culottes. En réponse, ce dernier feint alors de l'étouffer avec le cordon qui retient sa soutane. Raymond Gravel affirme aujourd'hui : « je n'ai pas été traumatisé pour autant ».

      Il y a des questions simples qui surgissent à l'esprit de celles et ceux qui ont quelque expérience valable dans ce domaine de l'inceste et de l'abus sexuel sur les enfants. Des questions simples, oui!

      Pourquoi Raymond Gravel a-t-il refusé le tripotage qui lui est alors proposé? Si sa réponse est qu'il ne trouvait pas cela acceptable psychologiquement ou moralement pourquoi alors ne s'en est-il pas plaint à l'autorité de son collège religieux ou à ses propres parents?

      La conséquence de cet abandon de responsabilités de la part de Raymond Gravel au profit des abuseurs religieux de son époque est aujourd'hui manifeste. Celui qui nous avait habitué à de la compassion, inspiré sans doute par les Béatitudes et prêchant pour la défense des petits, des sans-voix, des opprimés par les préjugés sociaux - les homosexuels par exemple-, voilà qu'il défend le pouvoir établi, son église et cette « majorité de religieux qui ne sont pas concernés par la pédophilie, qui n'ont jamais été en autorité et qui se voient obligés de payer pour l'écart de conduite de certains des leurs ». Pour ma part, les seules personnes que je connais qui ne sont pas concernées par la pédophilie sont celles qui, comme Raymond Gravel, ont été incapables de la dénoncer alors qu'elle se présentait sous leur nez ou dans leur culotte ou encore qui ne savent pas la reconnaître dans leurs pulsions.

      L'incohérence de Raymond Gravel est évidente dans plus d'un aspect de sa diatribe que publie le Devoir du 3 novembre 2011. À titre d'exemples : il prétend ne pas banaliser l'histoire des victimes, mais il banalise la sienne; il prétend que les bons religieux non-concernés n'ont pas à payer pour l'écart des autres, mais il veut que toute la société paye pour toutes les vraies victimes; il prétend qu'il est inacceptable et abusif de juger du passé avec le regard qu'on porte aujourd'hui, même s'il est épouvantable, à son jugement, que des religieux ou des laïcs aient commis des agressions sexuelles sur des jeunes qui leur étaient confiés. Bref, le jugement de l'homme est joliment perturbé et son sens de l'évangile profondément atteint. Cela arrive fréquemment lorsque l'on se retrouve dans une situation paradoxale. Le mental se débat alors comme un diable dans l'eau bénite. C'est le cas de ce prêtre en lutte avec ses démons.

      Ce que Raymond Gravel ne comprend pas, c'est la nature même de l'abus sexuel sur un enfant. En effet, l'abus sexuel d'un enfant n'est pas qu'un geste criminel de la part d'un individu sur un autre, contrairement à la majorité des délits criminels. Comprenez ceci. Il s'agit plutôt d'un geste de toute une société sur un seul individu; car l'agresseur ici porte le pouvoir de toute la société devant l'enfant qui est totalement vulnérable. J'en tiens pour preuve de mon affirmation qu'il prend parfois 10, 20, 30, 50 ans à une « vraie » victime pour enfin parler des faits et des conséquences incommensurables sur elle. Elle aura du traverser l'ignoble déni social, compact et complice, qui entoure la commission de tels actes. Et le plus souvent lorsqu'elle parle, encore et encore aujourd'hui, le déni social sur sa situation se poursuivra. Il y en a plein et plein de ces rabroueurs et bien-pensants qui veulent empêcher les victimes de parler; leurs ancêtres n'étaient autres que les protecteurs des abuseurs d'hier!

      La morale enseignée dans les cours de théologie de l'époque de Raymond Gravel ne faisait pas état de la nature sociale particulière de ce crime d'abus sexuel sur les enfants. La spiritualité de Jésus de Nazareth aurait pu pourtant mettre la puce à l'oreille de ces savants : « ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites »; et ce moi évoqué ici n'est rien d'autres que le plus sacré et la plus intime de chacune et de chacun d'entre nous.

      M'est avis que seuls ceux qui reconnaissent en eux les pulsions pédophiles peuvent en faire le deuil du passage à l'acte. Les autres sont pédophiles ou doivent être considérés comme des complices aux pédophiles par le déni même qui les habite.

      Un jour viendra...ET LA JUSTICE RÉPARATRICE PRENDRA PLACE ( SEMAINE DU 13 AU 18 NOVEMBRE)

      Jean Dudélyre
  • Raymond Gravel
    4 novembre
    Raymond Gravel
    • M. Dudélyre, que de jugement dans vos propos! Vous parlez comme si, à mon époque, celle ou j'étudiais chez des religieux, nous étions tous des imbéciles et nous étions tous complices des actes pédophiles des frères, comme si ces actes étaient répandus et connus de tous...Je ne sais pas quel âge vous avez, mais vous avez la prétention de connaître la vérité sur ce que j'ai vécu, lorsque j'avais 12 ans...Je veux simplement vous rappeler ceci: à cet âge, je savais ce que c'était la sexualité et je savais également qu'on ne parlait pas de ça nulle part; ni à la maison, ni à l'école...C'était tabou! Mais en même temps, comme nous étions intelligents, nous les jeunes de cette époque, étions capables aussi de faire du chantage avec les quelques profs laïques ou religieux qui avaient la réputation de tripoter les jeunes...Est-ce qu'aujourd'hui, en conscience, je pourrais soutirer de l'argent de la communauté du frère qui m'a tripoté...Non monsieur! J'ai une conscience morale qui me dicte que je ne suis pas une victime qui aurait été traumatisé par ces méchants frères...Je ne banalise pas la pédophilie...Il y a de vraies victimes qui ont besoin de thérapie, d'accompagnement et qui ont souffert du manque de compassion des autorités religieuses ou civiles. Ces victimes doivent être aidées...À vous lire, on a l'impression que les reiigieux sont tous coupables parce que quelques-uns d'entre eux ont agressé des enfants...Est-ce que tous les hommes mariés et pères de famille sont coupables parce que quelques-uns ont été incestueux? À votre avis, devrait-on abolir les communautés religieuses? Certains disent que les frères coupables vivent encore dans des maisons religieuses après avoir fait de la prison...Où devrait-on les mettre? Vous devez être vraiment un être parfait pour tenir de tels propos? Grattez un peu dans votre famille, et je suis convaincu que vous découvrirez des situations semblables...

      Je veux que vous sachiez que j'ai toujours dénoncé les situations d'injustice, même quand il me fallait dénoncer les dirigeants de mon Église...On m'a même menacé de me laïciser...J'ai été rejeté par des prêtres, des évêques à cause de ma défense des blessés de la vie et des poqués...Il y a une chose que je ne peux accepter, c'est la médiocrité...Et je sais, que derrière ces situations épouvantables de pédophilie, où des femmes et des hommes ont souffert, il se cachent malheureusement des personnes médiocres qui tentent de soutirer de l'argent injustement...J'en connais qui profite de cette situation pour se dire victime et ils n'en sont pas...Je n'appuierai jamais une telle entente, parce qu'elle favorise ce genre de médiocrité...Qu'on aide les victimes? OUI! Qu'on paie les soins pour les victimes? OUI...Mais qu'on offre de l'argent à tous ceux qui se disent victimes? NON!

      En terminant, je n'accepte aucunement vos injures et votre condamnation...J'ai beaucoup de défauts, mais je ne suis pas un pédophile, ni un complice de la pédophilie...Cessez de juger un passé que vous n'avez sans doute jamais connu...

      Raymond Gravel ptre
  • Jean Dudélyre
    4 novembre
    Jean Dudélyre
    • Raymond Gravel, vous n'avez rien compris de mon propos. Votre jugement semble altéré et altère votre perception spirituelle. Qui plus est, vous me prêtez des propos qui ne sont pas de moi. Vous colèrez et me semblez dérailler.

      D'une façon dont vous ne vous rendez pas compte, vous confirmez que toute la société d'alors était complice de ces gestes d'abus sexuel: l'impossibilité de parler sexualité à quiconque, le chantage de jeunes "intelligents" à l'endroit du frère tripoteur, le parti pris par vous-même de partager le non-dit et le chantage à l'endroit d'un abuseur en sont autant de démonstrations.

      Ce n'est pas en ouvrant "une plus grande canne de vers" pour y ajouter les pères, les mères, les oncles, les laïcs comme vous le faites cher abbé, jusqu'au gouvernement, que l'on solutionne le problème de l'abus de religieux sur des enfants.

      Vous devriez comprendre que l'abus sexuel des religieux est d'autant plus grave qu'ils revendiquaient la suprématie de l'autorité morale. Ils cherchaient, et il semble que ce soit toujours le cas, à prendre pouvoir sur les consciences. En abuser est le pire crime qui soit à mon point de vue. Je n'en connais pas de plus pervers. Même Dieu n'abuse jamais de ma conscience et surtout Lui.

      Si vous m'aviez mieux lu dans le calme, vous auriez pu saisir que je dis simplement un fait d'humanité: la pulsion pédophile est commune aux humains. C'est le passage à l'acte qui est inacceptable. Je vois bien que ceux qui ne reconnaissent pas cette pulsion en eux-mêmes se font inévitablement complice de ceux qui passent à l'acte ou qui ont passé à l'acte. En effet, ceux qui dénient leurs pulsions condamnent irrémédiablement les abuseurs et demandent aux victimes de se faire soigner. Le résultat net pour ceux qui ont une expérience réelle dans ce domaine, c'est que les abuseurs sont déshumanisés et les victimes demeurent entachées du contact qu'elles ont eu avec ces sous-humains. Les deux se retrouvent en perte d'humanité dans une société qui se prétend normale. Dire cela ne constitue en rien une injure comme vous me l'attribuez. C'est plutôt manifester une vraie expérience qui n'emprunte en rien cependant aux confidences de confessionnal.

      Pour ma part, je reconnais cette pulsion en moi et j'ai fait et je fais consciemment le deuil de ne jamais passer à l'acte. Ce cheminement m'a grandement humanisé. Enfant, mon révérend abbé, j'ai connu le tripotage de religieux, plus grave encore j'ai connu la violence paternelle et l'inceste de la part de ma mère. Voyez que vous pouviez vous tromper sur ma personne et que mon propos est ancré dans une expérience de vie que vous n'avez pas. Et il semble bien que pour le moment vous n'avez pas non plus l'humilité pour le reconnaître.

      Une telle expérience de vie m'a montré qu'il peut prendre 10,20,30, 50 années avant qu'une victime commence à parler. Dans mon cas, cela a pris plus de cinquante ans. J'en aurai bientôt 70. Je sais d'expérience que depuis que je parle, un bon nombre de personnes qui entretenaient des liens d'amitié avec moi se sont éloignées. Je sais d'expérience que le "soigné" que je suis n'est pas bienvenu de parler d'abus, d'esclavage sexuel, d'inceste ou de violence faite aux enfants. Cela gène très souvent mes interlocuteurs. Ils sont un peu comme vous: ils condamnent les abuseurs et veulent que les victimes soient soignées et qu'on n'en parle plus, enfin. Mais leur gène leur vient justement du déni de leur pulsion pédopĥile laquelle est mise à nu par ma conversation!

      La théologie morale de votre époque et celle que vous manifestez ne semble pas avoir vu que le crime d'abus sexuel à l'encontre des enfants est un crime de société et non seulement un crime d'un individu sur un autre. Quand le voleur vous vole, la société dans son ensemble n'est pas en cause. La réparation de la victime peut alors être faite sous l'égide de concepts comme celui des soins post-traumatiques. Dans le cas de l'enfant incesté ou abusé sexuellement ces soins peuvent être utiles mais ne sauraient être suffisants et entièrement réparateurs.

      La réparation ( qui est l'aboutissement d'une vraie justice) est possible lorsque non seulement l'abuseur reconnaît sa faute mais que toute une société reconnaît qu'elle a fait partie de cet abus.

      Aucun silencieux dans la société ne saurait être excusé de sa co-responsabilité et encore moins un religieux.

      Je vous souhaite de trouver la paix et, à nouveau, le chemin des béatitudes.
  • Raymond Gravel
    6 novembre
    Raymond Gravel
    • Je crois que vous n'avez pas compris vous non plus, ce que j'ai écrit. Hier, j'ai même reçu un appel du supérieur de la communauté des Ste-Croix qui m'a dit, qu'avec l'entente des 18 millions, les religieux de Ste-Croix, par l'entremise des avocats des dites victimes, ont offert un programme de soins: accompagnement psychologique et psychiatrique, soins médicaux et tout autre soin, et ce aux frais de la communauté à toutes les victimes qui se manifesteront...Et le père Aumont ajoute: aucune victime ne veut se prévaloir de ce programme...Voilà une preuve supplémentaire qui dit que c'est l'argent qui crée de fausses victimes et les vraies victimes, parce qu'il y en a, je n'ai jamais dit le contraire, ne se manifesteront pas...J'appelle cela de la médiocrité et j'ai une sainte horreur de la médiocrité...Et, encore une fois, je sens que vous me jugez comme si je n'avais aucune expérience de vie...J'ai 59 ans...J'ai été battu par mon père, de sorte que j'ai dû partir du domicile de mes parents, à l'âge de 16 ans. J'ai fait de la prostitution pour survivre. J'ai été violé. J'ai subi une opération à cause de ce viol...Dois-je en ajouter encore? Je ne suis pas une victime et je ne réclame aucun argent des autres. Les soeurs et les frères, à l'école m'ont appris, que dans la vie, ce n'est pas en blâmant tout le monde qu'on réalise sa vie...La paix, monsieur, je l'ai en moi... mais je n'accepterai jamais de me faire juger par qui que ce soit. Merci! Raymond Gravel ptre
  • Jean Dudélyre
    7 novembre
    Jean Dudélyre
    • Mille regrets de vous offenser en vous portant au rang des complices par vos paroles et écrits. Je vous aurais voulu dans cette cause auprès des offensés, des faibles, des vulnérables, des laissés pour compte, des poqués ainsi que vous nous en aviez montré l'exemple en d'autres situations. Malheureusement vos derniers écrits sur les cas d'abus par des religieux dévoyés ne montrent pas cela et mon jugement est sévère, j'en conviens. Je regrette beaucoup qu'il offense vos sentiments.

      Je voudrais vous aider à comprendre un certain nombre d'enjeux qui ne vous apparaissent pas encore. Et peut-être pouvez-vous vous amender.

      Un de ces enjeui, c'est que l'humanité progresse avec une telle entente condamnant la communauté de Sainte-Croix et avec la reconnaissance que celle-ci fait de ses erreurs. Elle progresse car devient manifeste l'aspect social des crimes commis. Ce ne sont pas des crimes individuels, ce sont des crimes qu'une société silencieuse acceptait comme un mal nécessaire et par lesquels fut volée l'identité de nombre d'enfants. Cette société était responsable collectivement par ses silences tricotés.

      Il n'est pas acceptable que soit minimisé l'impact d'un tel jugement de cour dans une société de droit et qu'on monte en épingles le cas de religieux qui auraient fait un bon travail malgré leur tacite complicité ou de fausses victimes qui demandent compensation financière. C'est manqué de largeur de vue et de sens historique. C'est défendre les institutions aux dépens des humains qu'elles sont sensées servir et qui ne l'ont pas fait.Et pour celles et ceux qui sont victimes, c'est poursuivre la torture de déshumanisation qu'elles ont déjà subie. Voilà ce qu'elles ressentent. La question centrale est dévoyée au profit de cas marginaux.

      On se serait attendu de votre part à une compassion complète qui ne semble pas se manifester si ce n'est pour offrir des soins aux pauvres malades dont vous n'êtes pas malgré vos avatars et votre ajout de péripéties difficiles pourtant. La vie vous a préservé de souffrances et je ne vous en félicite pas (vous semblez le faire vous-même) mais je remercie la Vie de vous avoir préservé des souffrances inommables qui vont trop souvent avec l'inceste, l'esclavage sexuel et l'abus sexuel.

      Ce que vous ne semblez pas reconnaître, c'est que les soins sont insuffisants pour rendre justice. La justice dans la noblesse de sa nature exige, demande la réparation des torts occasionnés. Un être a été lésé; ce n'est pas parce que l'agresseur est jugé au sens du droit et mis en prison que justice est complète. L'argent est symbole de cette réparation dans une société qui ne sait pas faire mieux et qui ne s'intéresse que peu à retisser les liens de confiance qui ont été brisés. Ce ne sont pas les soins qui réparent cela. Ce qui répare c'est la reconnaissance des faits par les agresseurs et leurs comparses silencieux, c'est la reconnaissance des torts réels faits par ces gestes et ses silences, c'est la compassion devant la souffrance occasionnée, c'est l'offre de réparation, de compensation à un niveau relatif aux torts, c'est la promesse de ne pas recommencer...(acte de contrition, je crois...) Voilà ce que, à mon point de vue, je qualifierais de chrétien. Je crains comme la peste les pressions faites sur les victimes pour pardonner à leur agresseur et à la société silencieuse, pressions que font si souvent des religieux, des bien-pensants, des thérapeutes patentés. D'abord, qu'agresseurs et complaisants de tous ordres mettent genoux à terre, svp!

      Lorsque cesseront les pressions sur des êtres déjà souffrants pour qu'ils quitte leur victimité, pour qu'ils cessent de blâmer comme vous l'écrivez à votre tour, alors justice sera plus prête d'être accomplie. Elle ne saurait être sans la compassion nécessaire et la reconnaissance de la réalité, toute la réalité, toute la vérité.

      Je ne suis pas surpris, et celles et ceux qui ont une vraie expérience de ces situations ne le sont sans doute pas, que les "victimes" ne demandent pas de soins à l'armée d'aidant qu'on leur propose. On ne devrait pas s'en surprendre. Cette proposition n'est pas crédible. Les armées de thérapeutes et de religieux de soins spirituels ont depuis des lustres coincés les victimes dans des traquenards de pardon et de lavage de cerveau par lesquels c'était elle-même, la victime qui devait faire son bout de chemin. Quel déni après tous les autres dénis! Les victimes savent cela car très souvent elles ont tenté ces démarches qui les enfonce à terme dans davantage de rancoeur et de silence compressé et de culpabilité assumée pour d'autres. Et parmi les victimes, de nos jours, le mot se passe... Vous devriez faire le message au bon Père supérieur: ce n'est pas la voie que d'offrir des soins patentés ni de faire le surpris parce que le stratagème ne fonctionne pas.

      Si la psychologie et les Cyrulnick de ce monde ont inventé la résilience pour parler de celles et ceux qui poursuivent leur chemin malgré les avatars de leur destinée, c'est une grave erreur que de condamner celles et ceux qui ne manifestent pas une telle capacité. Il peut exister des acrobates naturels, mais les marcheurs sur des fils tendus sont des cas en comparaison des quels on ne saurait rabrouer le commun des mortels. On ne saurait reprocher à tous de ne pas être Einstein ou ce qu'ils ne sont pas. Trève, svp.!

      ...mais si l'enseignement des frères et des nonnes étaient tel, nous devons savoir qu'il était mal fondé et pervers.

      Merci.

      Jean Dudélyre

jeudi 7 avril 2011

PÉTITION POUR QUE CESSE L'INCESTE DANS L'HUMANITÉ

APPEL À TOUTE PERSONNE DE BONNE VOLONTÉ.
C'est une pétition positive où les signataires s'engagent en connaissance de cause à ne jamais commettre l'inceste, à protéger tout enfant et à parler du sujet de l'inceste pour qu'il cesse d'être tabou.


PÉTITION POUR FAIRE CESSER L'INCESTE DANS L'HUMANITÉ

À titre de signataire,

je reconnais que l'inceste constitue le crime le plus destructeur que l'on puisse commettre sur la personne d'un enfant. Il s'agit d'un geste qui stoppe la croissance d'un enfant et qui aura des conséquences néfastes sur sa vie entière :troubles de l'identité, dépression, auto-destruction, toxicomanie, pulsions suicidaires, etc..

je comprends que le désir d'inceste n'est jamais le lot d'un enfant, mais le fait d'adultes;

je comprends que le désir d'inceste peut habiter les fantasmes sexuels d'un adulte. Les expressions populaires de désir devant un enfant ou un éventuel partenaire sexuel telles que: « je vais te manger », montrent que ce désir habite l'adulte;

je comprends que l'adulte qui commet un acte incestueux n'a pas fait le deuil de ce désir infantile d'assouvir ses fantasmes sur un enfant. Celui ou celle qui en a fait le deuil, au pire, dira peut-être « je te mangerais », mais jamais ne passera à l'acte ou ne s'en approchera. Car il-elle est conscient de la destruction de l'enfant et de l'adulte en promesse qui serait conséquente à tout geste incestueux.

Pour ma part, à titre de signataire de cette pétition, je choisis de faire le deuil de cette « toute puissance infantile » qui me conduirait à asservir un enfant, le mien comme tout autre;

je fais le deuil de tout désir qui pourrait m'habiter « d'incester » un enfant;

je m'engage à faire tout ce qui m'est possible pour protéger tout enfant de tout geste incestueux et je chercherai à assurer à chacun sa croissance, que cet enfant soit mon descendant ou appartenant à l'espèce humaine dont je suis;

à l'avenir, j'accepterai aussi de parler de ce sujet pour qu'il cesse d'être tabou et que l'inceste disparaisse.


Et j'ai signé, le_______________ :____________________________________________________

mercredi 30 mars 2011

VIOLENCE À L'ÉCOLE - UN CADRE DE RÉFÉRENCE

Si vous étiez menacé physiquement et insulté par votre troisième voisin que feriez-vous?  N'appelleriez-vous pas la police? Dans votre esprit, ne penseriez-vous pas que ce sont des gestes illégaux et que les lois de la société vous protègent? Vos enfants qui ne sont que des enfants ont-ils cette protection? Il semble que non! Pour eux pas de police pour les protéger dans leur école où ils passent 5-6 heures par jour. Je me demande si leur ange gardien leur suffit?

L'école est encore et  toujours un lieu où fleurit le taxage, l'intimidation, le chantage et diverses autres formes de violence, de tentative d'asservissement, d'ostracisme que ce soit pour fifage appréhendé, réussite trop grande, tête ou ventre trop gros ou nez croche.

L'école n'a pas changée depuis l'époque où nous la fréquentions. La société par ses lois et son système de justice  n'y est pas présente et, conséquemment,  nos enfants n'apprennent pas à y vivre; ils doivent survivre en milieu violent. Je crois ceci. Après la prison, l'école demeure l'institution la plus violente de la société. Et, ce qui n'est pas dit, c'est qu'elle est hors la loi. Je veux dire que les lois de la société n'y prévalent pas, et cette société de droit n'y est pas promue. Et personne ne réfléchit à cette question. Je dois détonner, d'ailleurs, en m'exprimant de la sorte!
J'oubliais que la direction d'école est présente et les enseignants. Oh! Et qu'ils font la loi et qu'ils font la police, et qu'ils font justice. Cela ressemble étrangement à la mafia qui fait sa loi, l'applique et sévit en conséquence de ses propres décisions. Ni l'un ni l'autre ne réfère aux lois de la cité, de ma cité, ils ont leur propre loi et leur propre système de justice. Ils sont hors la loi, disais-je!

Je ne connais pas de règles d'école qui se définit explicitement en fonction des lois de la société. Prenez par exemple ce que l'on apprend cette semaine au Québec: il semble que souvent les directions d'école tentent de replacer les victimes de violence dans d'autres écoles parce que toucher aux abuseurs créerait tout un remous dans la population étudiante qui gravite autour de ses caïds; lorsqu'elles ont davantage de courage, on déplacera parfois les abuseurs vers d'autres lieux et on tentera de protéger les victimes; la plupart du temps, semble-t-il on tentera de contrôler les apparences et on sera 'tolérant' dans une bonne mesure; les plus à la mode prétendent à « tolérance zéro » comme le veut le slogan inventé il y a plus d'une vingtaine d'années me racontent mes souvenirs.  Chacun fait justice à sa façon selon les règles qu'il établit et ses humeurs particulières.


Il est vrai que les enfants sont des personnes depuis fort peu et que la société de droit ne leur semble pas accessible puisqu'ils auraient mieux: les règles de l'école, la surveillance de l'école, la justice de l'école, les punitions de l'école. Manifestement ce mieux est aléatoire et équivoque. Qui d'entre vous accepterait de vivre dans une société où ce sont les mêmes qui font les lois, les appliquent, rendent justice, décident des sanctions et entendent les recours. Cela s'appelle une dictature en termes habituels!!!Et, les dictatures entraînent l'asservissement d'une part et la violence d'autre part. Dans une démocratie, le système législatif est distinct du système policier et du système judiciaire. Quand donc l'école montre-t-elle à nos enfants ce fondement démocratique essentiel? Convenons qu'il y a un énorme paradoxe: les enfants sortent de l'école et entrent dans la société sans jamais avoir connu la société de droit. QUAND DONC DEVIENNENT-ILS DES CITOYENS?

Je serai odieux ici en disant que les profs ou membres de directions qui tolèrent la violence et l'intimidation devraient être poursuivis pour complicité avec des criminels et qui, ce qui est aggravant, des criminels à l'endroit d'enfants. Car n'est-il pas davantage connu que la loi de la Protection de la Jeunesse fait obligation à tous de déclarer la violence faite à un enfant! Si je ne suis pas odieux, la situation est tout de même paradoxale.


Vivement que la société de droit fasse son entrée à l'école et que l'école se donne comme mission de former des citoyennes et des citoyens.
L'école a besoin d'un cadre de référence pour son travail d'éducation et ce cadre c'est la société démocratique de droit. Rien de très compliqué lorsqu'on considère les enfants comme des personnes et d'éventuels concitoyens et qu'on se sent soi-même citoyen.
Et alors, parce que je suis un éducateur et que je crois qu'il est du devoir de l'école de faire progresser cette société de droit, je milite pour que dans l'école s'institue une justice qui ne se confine pas à la punition comme celle non-aboutie qui prévaut dans la société actuelle. Je milite pour une justice qui intègre réconciliation et réparation. C'est cette justice qui est éducative des agresseurs et des agressés, c'est cette justice qui, en ne répandant pas l'exclusion des uns et des autres, favorise des rapports de respect.

Et je demande aux intervenants dans l'école de quitter leur ghetto et de se conduire en citoyens de la même cité que la mienne : des citoyens de la société de droit. Je me sentirai alors davantage fier de cette école et croirai que les enfants de ma cité ont la sécurité nécessaire pour grandir et croître.

Jean

mardi 18 janvier 2011

LA TOUTE PUISSANCE INFANTILE

LA TOUTE-PUISSANCE INFANTILE ET LE RÔLE DE PARENT
commentaire d'un survivant à la violence et l'inceste 


On débat parfois de la sévérité parentale insuffisante ou de la permissivité irresponsable. J'en suis, mais, je veux dire ici  ma croyance en la qualité essentielle à mes yeux pour être un parent suffisamment bon: être sur le chemin du deuil de sa propre toute puissance infantile. Autrement, on risque d'abuser l'enfant et d'en abuser. Il n'y a pas de guerre à gagner contre l'enfant. L'éducation est ailleurs.

Je vous dis au départ que j'ai été un enfant abusé par un climat incestueux et très violent.
On reste marqué!

Comprenez que je suis sensible au ''manque de respect '' qui peut imprégner le comportement de certains parents à l'endroit de leurs enfants. C'est là un extrême du spectre des comportements parentaux me dira-t-on et, j'en conviendrai. Mais on ne doit pas en faire abstraction car la mode prêche davantage de sévérité. On s'en prend au comportement de celles et ceux qui s'agenouillent devant leur enfant sans égard pour les comportements à l'autre bout du spectre. J'entends simplement faire valoir que les prétendus parents qui s'agenouillent devant leur enfant souffrent du même problème que ceux qui les frappent et en abusent de multiples façons. Pour moi, les uns et les autres ne diffèrent pas vraiment. Il faudrait bien, me semble-t-il, trouver un autre éclairage, une autre compréhension plutôt que d'osciller, d'une génération à l'autre entre le laisser-faire qui produit les adultes-enfants-rois et l'asservissement autoritaire qui produit les moutons-coupables de tout et de rien. Pourrait cesser, je le souhaite, le mouvement de pendule qui nous fait passer d'une catégorie d'irresponsables à l'autre.

Le premier enjeu n'est peut-être pas celui de trouver ce qu'il faut faire pour bien éduquer les enfants, mais celui, préalable, d'identifier ce qui caractérise un adulte accompli. Ainsi saura-t-on où le parent est appelé à conduire l'oeuvre d'éducation et qui a la capacité de la réaliser. Je suis resté admiratif de ce XVIIe siècle où l'on partageait l'idéal de ''l'honnête homme '' quoique je croie qu'il s'agit là d'un modèle perfectible et je ressens comme avantageuse une cohérence sociale que donnent les valeurs nommées parce que je sais que ça prend tout un village pour éduquer un enfant, comme on le dit au Sénégal.

Voici donc ma proposition tramée et enchainée dans la pensée et l'âme de tant et tant qui vécurent avant moi.

ÊTRE ADULTE

La caractéristique centrale des adultes est d'avoir commencé à faire, et de refaire constamment, le deuil de la toute-puissance infantile. Consciemment, s'entend! Qu'est-ce-à-dire? Un adulte apprend de mieux en mieux qu'il est définitivement limité et que sa condition est relativement semblable à tout autre être humain. Il mêle de moins en moins unicité et condition humaine comme le font les enfants qui se croient éternels et seuls au monde dès qu'ils souffrent ou dès qu'ils jouissent. Il apprend que tout un chacun est limité, souffrant à un moment ou l'autre de sa vie; et il partage avec tous et toutes, l'humanité d'un même destin : celui de vivre quelques brefs moments sur cette planète magnifique et limitée et de mourir à une heure probablement inconnue. Il apprend que la Vie palpite en lui comme une force qui le dépasse et une source qui l'abreuve. Et cela, gracieusement! Il sait de mieux en mieux qu'en cas de besoin, il doit demander de l'aide; et il offre la sienne à autrui. Il apprend qu'il doit guerroyer et se tenir inébranlable sur certains enjeux qui lui sont sacrés; au risque d'obtenir un reflet insupportable dans son miroir du matin. Il sait de mieux en mieux que cette guerre n'est pas domination sur autrui, mais sur lui-même. Il sait son besoin de liens avec autrui – il n'est pas bon que l'''homme'' soit seul - et que, sans vie sociale, il s'amaigrit de l'âme. Il est capable de mentir à l'occasion dans la vie sociale parce que la vie sociale s'entrelarde des traquenards du pouvoir des uns sur les autres. Il sait qu'il y a un incomparable en lui dont il est fier : sa liberté et sa capacité d'autodétermination; mais que cela n'a rien à voir avec la toute-puissance qu'il a déjà désirée. Il a quitté peu à peu l'immédiat et le non négociable pour la perspective du long terme. Il apprend qu'il doit construire avec le temps et que le temps rend en expérience à celui qui s'y soumet. Il choisit peu à peu l'école paradoxale de la perfection en sachant que celle-ci n'est pas de ce monde. Il convient petit à petit qu'il est un passager dans la vie et un passage de la vie dont il peut transformer le cours s'il en a le désir et s'il se soumet aux formes et intelligences de la vie elle-même.

Je me suis souvent exprimé cet accomplissement dans les sept termes que j'ai empruntés au merveilleux poète Robert Bly: être un roi en dignité et estime de moi-même; être un amant passionné et attentionné pour celles et ceux qui m'entourent; être un homme sauvage proche de la source de la Vie en moi; être un homme de douleur et qui l'affronte, lui rentre dedans sans sourciller; être un artisan soumis au travail et à la patience; être un guerrier pour ce qui m'est sacré; être un bon fripon d'occasion et d'opportunité.

Devenir adulte constitue donc une tâche immense et urgente. Et la vie va l'accomplir en nous, avec notre collaboration, parfois malgré elle, nous rabotant les angles inutiles de la toute-puissance qui nous a habité dès la naissance et qu'on n'évince pas sans peine. Ce travail d'humanisation s'accomplit par cycles au cours desquels nous sont présentés et représentés les enjeux de ce deuil. Voilà pourquoi les vieilles personnes sont éminemment utiles dans leur témoignage d'usure du désir de pouvoir sans limites. Et mon temps passé – 69 ans et plus - m'y conduit peu à peu!

ÊTRE ENFANT

La caractéristique centrale des enfants est celle de la toute-puissance.

Le cerveau reptilien, pour utiliser les termes utilisés souvent, a une seule forme de vouloir qu'on peut détailler comme étant celle de l'ici, du maintenant, celle du non négociable, celle du sans condition pour la satisfaction complète et totale de son besoin. Les contingences ne sont pas de son ressort. Exécution...et ça presse! L'univers est le besoin éprouvé et tout l'univers doit chercher à le satisfaire. Il n'y a rien d'autre! Et si autre chose se présente, elle sera asservie à cette fin; à cette faim prioritaire. La toute-puissance envahit tout le champ de conscience de l'enfant et tout le champ environnant est sommé de se soumettre à cette toute-puissance. Cette pulsion est nécessaire à la survie. Le bébé crie éperdument lorsqu'il a faim et seule la tétée de mamelle ou de l'embout de bouteille peut le satisfaire. Il pleurera jusqu'à satisfaction ou, si la satisfaction ne vient pas, il pleurera jusqu'à épuisement complet et mortel de lui-même. La psychologie parle de relation d'objet. La mère n'est en rien sujet pour le poupon. Elle n'a qu'à obtempérer.


ÊTRE PARENT

Le parent doit être non pas parfait, mais suffisamment bon.

La ''mère suffisamment bonne '' est ce terme magnifique et touchant inventé par le pédiatre, psychiatre psychanalyste David Winnicot. Elle fait de son mieux pour satisfaire ce poupon exigeant dont le hurlement est l'arme de survie, un peu comme l'est la soupape de sécurité pour l'autocuiseur. Tenter de ne pas répondre à ces appels furibonds constituerait d'ailleurs un attentat à la vie du poupon, une sorte de crime contre l'humanité. La mère suffisamment bonne n'hésite d'aucune façon et répond. Bébé ne saurait se développer sans une réponse suffisamment adéquate à ses appels. Le bon parent, père ou mère, sait qu'il doit répondre au mieux qu'il peut aux appels de Bébé, comme il sait qu'il ne saurait y répondre parfaitement. Les deux extrêmes étant, tout autant l'un que l'autre, délétères pour l'avenir de cet humain à ses débuts.

L'action du parent suffisamment bon se fait dans un contexte d'amour. Pas un amour dévorant. Un amour fondé sur le respect intégral de la dignité du poupon, du bébé, de l'enfant, de l'adolescent qui, d'indistinct de soi au départ, devient distinct et différent avec son propre Soi. Cet amour se décline en reconnaissance du droit de l'enfant d'avoir des sensations, des émotions, des sentiments qui lui sont propres; de son droit de les exprimer dans une forme et un contexte adaptés à son age et à ses capacités - un contexte pertinent, adéquat au plan social -; de son droit d'obtenir de la part de ses parents un reflet juste qui construit une véritable estime de soi. Qu'est-ce à dire? Un reflet qui célèbre l'erreur comme une occasion opportune d'apprentissage et valorise la prise de risques plutôt que le succès à tout prix. Juste, ici, signifiant fondé dans la réalité de l'enfant et dans la réalité sociale dans laquelle il vit. Oui, au départ, l'enfant a des droits et aucun devoir. Et les parents ont des devoirs et aucun droit sur l'enfant! L'apprentissage des devoirs viendra aux enfants par la suite, au fur et à mesure que se font les deuils de leur toute-puissance!

Voici un exemple de deuil de la toute-puissance et des avantages à ce faire. Poupon a besoin d'avoir maman sous les yeux pour ne pas sentir la peur d'être abandonné. Mais, parce que maman est suffisamment bonne, elle ne peut être toujours sous ce contrôle. Et voilà que Bébé, par la force de la réalité, va être conduit à se faire une image mentale consolatrice de Maman, image qu'il va tester en fermant lui-même les yeux, en s'éloignant dans la pièce voisine et ainsi de plus en plus loin et de plus en plus longuement, sans que la peur ne l'envahisse. Ouf! Son développement neurologique, sa maturité psychologique, intellectuelle, spirituelle est conditionnée par ces deuils répétés de la toute-puissance du contrôle par lequel il croyait, au départ et avec raisons, s'assurer la survie.

Et il en sera ainsi par cycles successifs durant toute l'enfance et l'adolescence, et... Les peurs d'abandon ou d'envahissement seront, par la transaction de l'amour parental suffisamment bon et du reflet juste, peu à peu remplacées par une capacité de prendre soin de soi, de s'estimer à sa juste valeur, de juger la réalité et d'entrer en relation de réciprocité avec autrui de façon adéquate. Voilà ce que la vie donne à celles et ceux qui, engagés dans ce deuil, reçoivent les fruits de la maturité et de la croissance. On comprend qu'à l'orée de la vie adulte, cet humain doit avoir connu quelques deuils...

LE CONTEXTE SOCIAL INFANTILE

Ouvrons une parenthèse ( et ne la fermons pas tout de suite. Le comportement de toute-puissance infantile n'est pas exclusif aux enfants. Disons-le, c'est plus simplement le propre de ceux qui n'en ont pas fait le deuil. Ouvrez le journal et voyez!. Ici le Devoir du 4 janvier titre: La crise a épargné les grands patrons. De quoi s'agit-il? De grands enfants au comportement imbu de toute-puissance qui ont empoché en moyenne 6,6 millions en 2009, soit 155 fois le salaire moyen des travailleurs, alors qu'en 2008, ils en avaient usurpé 7,3 millions. Oh! les pauvres peureux et avides! Et une autre page fait état d'une coupe à blanc forestière comme je le fis, enfant, avec le plan de ciboulette de ma grand-mère. Une autre, évoque les territoires prometteurs de gaz de schiste donnés ou presque par l'État aux exploitants-enfants clinquants et doués de courte vue! Un autre article, du 8 janvier, porte le titre réjouissant au premier regard - Les plus pauvres en première ligne - mais dont le sous-titre nous ramène à la toute-puissance infantile des grands de ce monde : les risques d'envolée des prix alimentaires. J'y vois aussi dans mon journal quotidien le jeu de la toute-puissance infantile des politiciens maquillés par des professionnels, empêtrés dans leur langue de bois mensongère, avides des argents publics pour assurer leur réélection, leur double salaire et leurs bénéfices à vie. J'y vois qu'on cherche à faire vibrer ma toute-puissance infantile par la publicité outrancière pour que j'aie besoin du vêtement new-look et griffé, du gadget électronique, de l'auto flamboyante et qui m'incite à les posséder maintenant, à crédit...au diable demain! À moins que faibles de moyens, ce soient les dollaromas qui satisfassent mon besoin d'objets inutiles, ceux promis aux « ventes de garage » ou aux demains de poubelles. Ou la psychopop qui ne prêche que de l'aujourd'hui, l'ici et le maintenant, sans souci de l'expérience qui s'acquiert par le temps.

Stop! Et avant de fermer la parenthèse à mon humeur un tantinet grognonne, notons qu'il semble parfois que sur notre planète progresse davantage la toute-puissance infantile des grands-enfants-tyrans-et-exploiteurs-de-ressources plutôt que la dignité propre aux humaines et humains de ma race. Mais, la dignité gagnera, je le crois avec ferveur. Fermons cette parenthèse.)

MA THÈSE

Ouvrons donc la vraie parent-thèse, celle de ma thèse pour devenir un suffisamment bon parent.

J'ai décrit quelque peu l'accomplissement adulte. Pour être parent, cet accomplissement doit être sérieusement en cours. Un parent apprendra que tout ce qui n'est pas réglé des enjeux de sa vie sera profondément confronté par les enfants en croissance. Les séquelles de sa toute-puissance infantile seront confrontées jusque dans leurs recoins obscurs! Faut le savoir : la vie de couple vous confrontera dans toutes vos ''bibites'' et votre rôle de parent, vous confrontera encore plus si vous le prenez à coeur. C'est la règle!

Mes avis que l'école devrait enseigner quelque chose sur ces deux sujets d'importance centrale pour l'avenir de toute société!

Alors! Alors?

Les enfants devenus grands qui n'ont pas fait le deuil de leur toute-puissance, enfants d'une société où la toute-puissance préside presque mur à mur, se retrouvent un jour en désir de parentage. Wow! Se reproduire! Créer avec son sexe! Bander si fort que naissent des enfants! Wow! Wow! Et c'est permis! Pas de permis pour générer. Non. Un droit absolu ou presque et imbu de toute-puissance pour quiconque n'y prend garde. Se reproduire, wow! À moi la gloire! Et les enfants, devenus grands, entrent dans ce rôle de parents aux culottes trop grandes pour eux. Ils n'ont peut-être pas commencé à faire le deuil essentiel de leur toute-puissance!

Alors, ils et elles seront aveuglés devant ces poupons, ces bambins, ces enfants, ces ados! Si beaux, vus comme des images d'eux-mêmes! Enfants, parfois générés pour avoir un être à soi qui vous aime inconditionnellement, ou un être qu'on peut dominer sans limites. Enfants, projets de perfection dont les parents ne sont pas capables. Si attachés, si attachants, pour tout, en tout. Objets d'amour dévorant sans défense et qui ne seront pas alors sujets! Si fins, si intelligents, les plus des plus, les meilleurs. Adulés, comme des icônes. Qui décident de tout! En tout. Parfois, projections de la séduction qu'on voudrait avoir ou qu'on craint de perdre : fillettes endimanchées en poupounes dès l'âge de marcher; ou, avant leur puberté, habillées avec les attributs les plus éclatants aux yeux du mâle prédateur : seins au balcon, talons hauts, maquillage d'arc-en-ciel, nombril à l'air, craque des fesses à faire voir, etc. Ou bambin apprenant le jiujitsu à 18 mois. Oh ces enfants précoces : premiers pour l'autonomie pour faire seul leurs rôties, pour porter leurs clés au cou, pour regarder les petits bonhommes à la télé, pour jouer seuls au nintendo! Et ces autres fillettes: les meilleures au patinage de fantaisie qui font des grimaces aux compétitrices et des singeries aux juges. Ces mignons enfants petits pee-pee wee-wee les plus combatifs au hockey et qui répondent aux gérants d'estrade hurlants et en mal de sang. Ou pestes de consommateurs enfantins qui, poupons furent habillés exclusivement de vêtements griffés et les réclament à vie! Les plus gavés d'amour-mour au sucre candi de pepsi, les plus obèses, les plus dépressifs, les plus suicidaires, les plus jeunes suicidaires. Pornographes audacieux devant leur ordi à l'oeil de cyclope! Consommateurs d'alcool, de drogues multiples dans des raves du tonnerre! Organisateurs autonomes de party d'héroïne pour les finissants de secondaire 5! Des gagneurs, ouf! Des perdus! Des battants, ouf! Des épaves hagardes! Des adorés de parents agenouillés qui ont tout donné et tout enlevé du chemin de l'enfance vers la vie adulte.

Ou encore! Exécrés comme offenses dès leur conception. Assaillis peut-être d'intentions de débarras en cours de leur gestation. Non reconnus à l'arrivée! Ayant le mauvais sexe! Frappés au berceau parce qu'ils pleurent et dérangent le sommeil des parents. Déboîtés des épaules, sans qu'on sache pourquoi!. ''Comme'' se fabriquant eux-mêmes des ecchymoses, pensez-vous? Imbéciles et tombant dans les escaliers avant de savoir marcher; ça alors! Sujets de mort subite, ''coudonc''! ''Portant des traces de fouet, de bâton, de courroie, de tisonnier, de bagues, de griffures ou de morsures '' comme je le lis sur un article à l'intention des pédiatres (Syndrome de Silverman); enfants maquillés de mensonges et interdits de parole. Traités comme moins que bêtes en privé et faire-valoir pour ces faux bons parents publics qui se dévouent sans recevoir de gratitude. Ou encore, objets de hargne autoritaire et violente pour qu'ils ne fassent pas honte à leurs parents. Ou encore utilisé comme objets sexuels durant des lustres. Dressés comme singes de foire à dire, à se taire, à faire, à paraître, à se tenir droit, à ne pas se salir, à ne rien toucher pour ne pas rien briser. Bien élevés à tout manger dans son assiette, à aller se coucher sans manger pour des riens. Poubelles vivantes dressées à recevoir le mépris constant et diarrhéique des paroles qui tuent l'âme : « idiot », « nul », « qu'est-ce que tu vaux? », « tu ressembles à ta mère », « pas encore toi », « tu changeras ben jamais », « espèce de con », « qu'est-ce que j'ai fait au bon dieu pour t'avoir », « non, mais pour qui que tu prends? »...Ou enfant menacé de sévices, de se faire arracher la tête, de se faire couper les bras ou les jambes, voire de se faire tuer. Enfant, sujet du droit public, mais subissant en privé les coups qui défoulent son parent-enfant des frustrations du jour ou de celles occasionnées par le conjoint ou de celles toujours vivantes de l'enfance de ce tout-puissant cassé et méprisé.

Parent-enfant affirmant sa toute-puissance infantile perverse sur son propre enfant. Oui, cela aussi!

BREF

Voilà mon dit!

Et, partagez mon souhait, je vous prie : celui d'une meilleure éducation à l'école secondaire pour former des adultes qui s'accomplissent : citoyens responsables, capables d'une vie de couple, sur le chemin du deuil de la toute-puissance infantile afin de devenir des parents suffisamment bons pour les enfants de ma race. Humaine!

...et je pense à vous amies, amis, survivants de l'inceste, de l'abus sexuel et de la violence. Je vous souhaite le meilleur

Jean